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La migration des rapaces dans les Pyrénées

Suivi des oiseaux migrateurs au Col d’Organbidexka

Le col d’Organbidexka est situé au Pays Basque dans les Pyrénées-Atlantiques, à 1283 mètres d’altitude. Au cœur de la forêt d’Iraty, plus grande hêtraie européenne, il offre une vue imprenable sur la Haute-Soule et le piémont oriental du Pays basque. Levers et couchers de soleil, moments d’émotion, inondent les montagnes de lueurs violettes, rouges ou roses tandis que migrent le premier Balbuzard pêcheur ou le dernier Busard des roseaux de la journée.

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Venir à Organbidexka, c’est aussi pouvoir observer les richesses biologiques locales, parmi lesquelles figurent les vautours (Vautour fauve, Vautour percnoptère et Gypaète barbu), l’Aigle royal, le Calotriton des Pyrénées (amphibien endémique) mais également la Rosalie des Alpes (longicorne menacé et protégé). Sans parler des paysages incomparables. Alors venez rejoindre l’équipe des compteurs d’oiseaux migrateurs, que ce soit pour une journée ou pour plusieurs semaines. À leurs côtés, vous apprendrez à repérer et à identifier les oiseaux migrateurs, vous découvrirez le phénomène migratoire et transmettrez vos connaissances aux visiteurs de tous âges.

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Le programme consiste dans le suivi journalier, du 15 juillet au 15 novembre, du lever au coucher du soleil, de la migration des grandes espèces d’oiseaux (rapaces, grues, cigognes, pigeons). A chaque période, ses espèces. Si les migrations des Milans noirs à la mi-août ou des Bondrées apivores fin août sont spectaculaires par les effectifs concernés, d’autres époques permettent l’observation d’une diversité d’espèces. Certains jours, l’observation de vingt espèces de rapaces plus des cigognes noires ou blanches, des grues, des milliers de passereaux, de pigeons et toutes espèces locales dont le mythique Gypaète barbu ou le rarissime Pic à dos blanc.

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Serge interviewé par Bernard Boutin.

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ORGANBIDEXKA – Des rapaces et des hommes : bientôt 40 ans de passion !

En 1979, quelques irréductibles ornithologues sans gène s’installaient, au-dessus de Larrau, juste sous les chalets d’Iraty, au beau milieu d’un territoire dense en palombières, au col d’Organbidexka (« le petit chemin des charrettes » en basque) pour observer les migrations de rapaces.

Lire la suite sur le site de Benard Boutin (la Mule et l’Intello).

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Depuis le 15 juillet: 38.039 comptages.

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Espèces les plus significatives (en gras les migrateurs comptés aujourd’hui 21 Août 2017)
  • 36 Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)
  • 1 Héron cendré (Ardea cinerea)
  • 97 Cigogne noire (Ciconia nigra) – 7 migrateurs
  • 270 Cigogne blanche (Ciconia ciconia) – 216 migrateurs
  • 1660 Bondrée apivore (Pernis apivorus) – 632 migrateurs
  • 35837 Milan noir (Milvus migrans) – 354 migrateurs
  • 23 Milan royal (Milvus milvus)
  • 22 Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) – 4 migrateurs
  • 14 Busard des roseaux (Circus aeruginosus) – 1 migrateurs
  • 8 Busard Saint-Martin (Circus cyaneus)
  • 27 Busard cendré (Circus pygargus) – 3 migrateurs
  • 58 Épervier d’Europe (Accipiter nisus) – 12 migrateurs
  • 21 Buse variable (Buteo buteo) – 6 migrateurs
  • 5 Aigle botté (Aquila pennata) – 1 migrateurs
  • 13 Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) – 3 migrateurs
  • 14 Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) – 2 migrateurs
  • 1 Faucon hobereau (Falco subbuteo) – 1 migrateurs
  • 3 Hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris)

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Bondrée apivore (Pernis apivorus)

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Bondrée apivore (Pernis apivorus)

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Le Gypaète Barbu (envergure: 2,55 à 2,9m) Sédentaire.

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Un Percnoptère

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Milan Royal

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Milan Royal

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Busard des roseaux (sans certitude) ? ? ?

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Bondrée apivore (Pernis apivorus)

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L’Aigle Royal

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Bondrée apivore (Pernis apivorus)

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Circaète Jean-le-Blanc

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Aigle Botté

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Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus)

Le circaète Jean le Blanc (circaetus gallicus) est un chasseur de serpents protégé pour son utilité évidente ainsi que pour sa rareté. De nombreux rapaces capturent des serpents, mais il reste le spécialiste en la matière, ne craignant pas de s’attaquer aux reptiles venimeux.

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Cigogne noire.

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Le vautour fauve qui lui n’est pas un migrateur.

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Pourquoi compter les oiseaux migrateurs sur le terrain ?

Longtemps l’acquisition de connaissances sur les migrations d’oiseaux n’a pu se faire que par l’observation directe. Mais malgré le développement d’autres techniques de suivis (baguage, pose de balises, radar), l’identification et le comptage des migrateurs en des points de passage stratégiques demeure une méthode indispensable et pertinente, dans la mesure où comme tout échantillonnage, les suivis sont réalisés dans les mêmes conditions d’une année à l’autre (protocole stable), et sur une longue période (au moins cinq ans).

Alors qu’il reste encore à découvrir de nombreux aspects mal connus de la vie des oiseaux migrateurs, la connaissance apportée par les suivis constitue une base solide sur laquelle repose toute évaluation patrimoniale. Les données engrangées durant les nombreuses heures d’observation apportent des informations essentielles sur le déroulement de l’activité migratoire. Les effectifs dénombrés selon un protocole standardisé sur chaque site permettent de mesurer la chronologie de la migration et son évolution dans le temps. Ils offrent aussi la possibilité de produire des indicateurs de la dynamique des populations d’oiseaux. L’évolution du nombre d’oiseaux observés sur un site en migration active est le plus souvent corrélée à la taille de la population de laquelle ils sont issus. La combinaison de tels indicateurs provenant d’un réseau de sites offre une meilleure précision dans le calcul des tendances des effectifs et de l’évaluation de l’état de santé des espèces suivies.Ces conditions remplies, les données recueillies permettent d’évaluer l’état de santé des oiseaux migrateurs en comparant l’évolution des effectifs. Ainsi le suivi de la migration à Organbidexka, qui est conduit depuis plus de vingt ans, a permis de mesurer l’effondrement européen des effectifs du Milan royal et a conduit à l’élaboration d’un plan national de restauration de l’espèce.

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Question de méthodes…

Selon que les suivis portent sur des rapaces, des oiseaux de mer ou des passereaux, les méthodes de comptage et les savoirs qui sont mis en jeu diffèrent. Ainsi l’identification des passereaux en migration est essentiellement basée sur les cris, tandis que celle des rapaces porte sur la silhouette, le type de vol et des caractéristiques précises et pertinentes de l’anatomie de l’oiseau dans lesquelles la reconnaissance par les couleurs occupe par exemple une place mineure. Les suivis réalisés par les ornithologues comprennent également la notation précise des conditions météorologiques et en particulier du vent, les heures de passage des oiseaux, la comptabilisation des observateurs en présence et donc de la pression d’observation, les directions empruntées par les oiseaux…

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Les suivis migratoires sur le terrain : une mobilisation ancienne

Historiquement, le premier site de suivi de la migration est Ouessant (1950), puis vient Cou-Bretelat (1951) et le Cap Gris-Nez en 1956. Ce fut ensuite le col de Golèze, en Savoie, pendant français du Col suisse de Bretolet investi pour l’étude des migrations par l’observation mais surtout le baguage (années 1960 – début 1970). Mais il s’agit simplement d’actes précurseurs, voire inspirateurs. C’est dans cet esprit que Pierre Nicolau-Guillaumet et Guy Jarry ont visité les cols de la chaîne des Pyrénées à l’automne 1967 afin de connaître le flux migratoire au travers des Pyrénées.

D’autres sites d’observations de la migration se sont ensuite créés en réaction aux abus de la chasse à partir de 1979 : Organbidexka contre les tirs intempestifs sur les migrateurs en automne, et notamment sur les pigeons. Viennent ensuite Prat de Bouc, le Cap Corse (automne 1979) et l’Aude (Leucate, printemps 1980) en réaction aux tirs de la bondrée en migration prénuptiale.

Le comptage des migrateurs à la pointe de Grave est aussi une réponse au braconnage printanier des tourterelles des bois pratiqué à grande échelle dans le Médoc. Il s’agit là d’un site d’observation bien plus jeune que les héroïques pionniers. Il y eut aussi Prat-de-Bouc dans le Cantal, contemporain d’Organbidexka.

Dans les années 1970, une tentative est faite de fédérer les associations ornithologiques sur des thèmes porteurs comme celui des migrations. C’est l’époque de l’UNAO (Union nationale des associations ornithologiques), au milieu des années 1970, d’abord à l’initiative de M. Brosselin puis sous l’impulsion de S. Auclair. Le réseau Migrans reprend cette approche lors de sa création en 1986, à l’initiative de J.-C. Gigault, F. Sagot et J. Sériot.

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Les sites ont besoin de vous !

Le maintien des suivis des migrations d’oiseaux sur le terrain est lié à la mobilisation des associations locales, mais également à la présence régulière de bénévoles motivés. Un week-end, quelques jours, un mois par an, votre présence sur le terrain est déterminante ! Les ornithologues locaux vous accueillent, vous guident et transmettent leur savoir, tandis qu’ils peuvent de leur côté s’appuyer sur vos yeux et vos oreilles pour repérer et suivre les oiseaux migrateurs. Il n’est besoin d’aucun bagage préalable pour rejoindre un site de migration, la disponibilité et la passion comptent avant tout !

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La vue superbe depuis le point d’observation d’Organbidexka.

N’oubliez pas d’aller visiter la LPO Aquitaine, elle vous accueille tout l’été au Chalet Ornitho, à deux pas du col d’Organbidexka (Chalet d’Iraty). Dans le cadre du projet Lindus-2, plusieurs animateurs répondront à vos questions sur la migration et la biodiversité du site.
Une exposition intitulée  » à tire d’aile  » est proposée dans la salle d’accueil, afin de découvrir les points-clés de la migration des oiseaux, un phénomène des plus extraordinaires.
Dans le Cabinet de Curiosités, initié l’an passé, les animateurs vous conteront l’histoire des trésors d’un passionné de la biodiversité d’Iraty, alliant nature, grandes migrations et traditions du territoire.

Les liens: LPO:

https://www.lpo.fr/ __________________ https://www.migraction.net/

Le site de la LPO Aquitaine________ Synthèses des passages comptabilisés à Organbidexka

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4 Comments

  1. jOAQUÍN aSCASO

    Mariano, una vez más tefelicito por tu trabajo: Bello con tus estupendas fotografias y muy didáctico para los desconocedores del mundo de las aves. Saludos.

  2. Judith

    Très instructif et toujours d’aussi belles images ! Merci Mariano.
    Bises,
    Judith

  3. Serge Sentenac

    Bonjour Mariano
    Superbes photos et les liens sont très intéressants, beau sujet !
    Amitiés
    Serge

  4. CATALANE

    Magnifique ce billet, avec de belles photos et beaucoup d’explications ! D’ailleurs, pas le temps ce matin de tout lire. Je reviendrai dans la journée, car je dois préparer le camping-car, nous partons en vadrouille vendredi matin, et il ne faut rien oublier ! Amitiés.

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