Amour Maternel (6 octobre 2015)
Le randonneur, dans les Pyrénées, a souvent des moments rares sous les yeux. Un lever de soleil exceptionnel, un point de vue d’une grande beauté, des contrastes de couleur inspirants, des rencontres avec les animaux, domestiques ou sauvages, aux moment les plus inattendus, aujourd’hui avec Bernard de retour du sommet du Taillon (3144m), nous avons assisté a une scène rare.

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C’est dans le massif de Gavarnie, aux Espécières, que se passe la scène. Ensemble, moutons, blondes d’Aquitaine et vautours fauves ont décidé de jouer une pièce de théâtre sobre, silencieuse, respectueuse et dramatique au final. C’est à celui qui intimidera le plus l’autre…
Un jeune veau vient de mourir. Il est allongé sur l’estive.
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Déjà près de 50 vautours sont posés non loin du jeune veau mort.
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Les premiers vautours s’approchent.
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Des vieux mâles dominants probablement.
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Ils se préparent à dépecer la pauvre bête.
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Il leur faut d’abord déterminer,
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par des danses d’intimidation, à qui reviendra l’honneur de démarrer la curée.
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Et parfois avec de violents coups !
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La plupart, sachant que cela est peine perdue pour eux, sont en retrait, aux loges des spectateurs.
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Le Festin peut alors commencer . . . . . .
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A ce moment là,
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un premier mouton, suivi d’un deuxième, approchent du veau mort.
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Ils n’ont pas peur des vautours et viennent se positionner à quelques mètres d’eux.
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Puis s’approche à 10 centimètres de leur bec.
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Pas de cris, pas de mouvement brusque. Les vautours interloqués font face aux moutons et arrêtent net la sale besogne de dépeçage qu’ils s’apprêtaient à entreprendre.
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Ils arrivent même a faire fuir un des vautour, incroyable mais vrai !
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Arrive à ce moment-là une première vache.
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Certainement la maman.
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suivie d’une autre et, de tout un troupeau pour finir.
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Majestueuses, elles se dirigent lentement vers les vautours qui se font face à face.
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Devant une telle « pression », calme et contenue,
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les vautours reculent de quelques mètres, mais pas plus.
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Elle se positionner juste au-dessus du veau décédé. De ses 4 pattes, elle l’isole totalement, baisse la tête et fait face aux vautours.
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A nouveau, tout dans l’intimidation. Pas de geste dérangeant, pas de meuglement intempestif.
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Le reste des animaux observent la scène tragique.
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Malgré la présence des vaches, les vautours ne cèdent pas !
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La Mère vient rendre un dernier hommage à son enfant.
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les autres vaches et moutons s’en retournent.
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Les vautours attendent calmement que la Mère accepte le sort réservé à son petit. Ils savent qu’elle finira par « lâcher prise ». Ils sont patients. Terriblement patients.
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La montagne, c’est aussi cela…
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Texte de Bernad Boutin et Mariano (Photo Mariano)




















































les vautours sont des charognards bien connus …et utiles
néanmoins le Parc des Pyrénées les classe en Rapace – cf photos à la gare du petit train du Maillet à Troumouse –
il semble pourtant ici que ce petit veau soit mort « tout seul » et non victime de serres agressives ?
Merci beaucoup de partager cet instant de nature, une curée. Les vautours remplissent pleinement leur rôle dans leur ecosysteme, ce sont des equarrisseurs naturels qui evitent ainsi la proliferations de bactéries et maladies …pourquoi utiliser des termes aussi forts et péjoratifs comme « sa sale besogne de dépeçage » « terriblement patients » comme un article à sensations pour faire peur, eux aussi tentent de vivre et survivre 😉
Magnifique reportage avec un silence pesant qui nous demande une marque de respect envers tous les acteurs de cette scène qui se terminera logiquement. Laissons la nature et les animaux vivre librement.
Merci!
Bonjour Mariano,
Très belle mais triste scène, le dernier geste d’amour de la Maman qui sait pertinemment que son petit sera dévoré. Ainsi va la nature depuis des millénaires. Et les vautours sont bien utiles, nous le savons tous. De quoi est mort ce petit veau, si jeune, une chute, maladie ? Nous ne le saurons jamais, et une bête de moins pour le berger. Merci pour ce rare reportage et ces (malgré tout) belles photos.